Allons-nous rester au point mort ?

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C’est certainement la question que se sont posée la semaine dernière des milliers de personnes bloquées sur la route, dans la moitié nord du pays, à cause des intempéries. Le gouvernement y a été de ses conseils : ne pas se déplacer si on n’en a pas besoin. Le hic, c’est justement que la plupart des travailleurs ont besoin de prendre leur voiture pour ne pas perdre une journée de salaire. La logique aurait voulu que chacun reste chez soi dans les régions touchées, mais pour cela il aurait fallu que la journée soit intégralement payée, et que le gouvernement l’impose aux patrons. Autant demander du lait à un bouc !

Le point mort, bon nombre vont y rester si la taxation du gasoil augmente. Il a suffi que la Cour des comptes dénonce le fait que le gasoil soit moins taxé que l’essence (7 milliards de « perdus ») pour que le gouvernement et la presse « découvrent » que le diesel pollue et est dangereux pour la santé. Bref, si prochainement on augmente le prix du gasoil, ou si on condamne les modestes possesseurs de vieilles voitures à en changer, ce sera sûrement pour la santé… du ministère des Finances !

Le gouvernement, courroie de transmission du patronat

En revanche, le train de mesures antisociales du gouvernement n’est pas au point mort. La ministre des affaires sociales, Marisol Touraine, a averti : des « efforts » seront demandés « à tous les Français ». Un air connu. Et de nous envoyer de soi-disant « experts » agiter la perspective d’un déficit des caisses de retraite de 20 milliards d’euros en 2017. 20 milliards ? C’est le montant du crédit d’impôt aux entreprises voté par l’Assemblée nationale « socialiste » en décembre dernier. Soit à peine plus du tiers des profits cumulés des seules entreprises du CAC 40.

Et voilà que le gouvernement et le Parti socialiste reprennent la vieille rengaine pour nous faire travailler plus longtemps : l’espérance de vie augmente, il faudrait donc travailler plus longtemps. C’était naguère l’argumentaire sarkozyste, décalqué de celui du Medef. Le changement, ce n’est donc pas maintenant !

Mais si la durée de vie s’est allongée (et tant mieux !), la productivité du travail a augmenté encore plus. Un progrès qui a largement bénéficié au patronat et dont on veut de plus en plus priver les travailleurs, en activité ou à la retraite.

Incomparablement plus que l’augmentation de la durée de vie, c’est le chômage de masse qui pèse sur les caisses de retraite en réduisant le nombre de cotisants. Malgré les promesses, le gouvernement n’a aucune intention de s’en prendre à ce fléau. Car pour cela, il faudrait s’en prendre aux licencieurs, aux destructeurs d’emplois pour les empêcher de nuire ; aux patrons de PSA, de Goodyear, de Renault, de Sanofi, d’Arcelor… et à l’État lui-même.

Au lieu de cela, Hollande annonce des « choix courageux » dans l’année, comprenez une nouvelle réforme des retraites. Voilà tout le courage de Hollande, s’en prendre aux salariés et aux retraités.

Avec une touche de « dialogue social » pour lubrifier le tout. C’est ainsi que des « partenaires sociaux », décidément bien plus partenaires qu’adversaires, s’apprêtent à signer (sauf la CGT et la CGC) un accord qui prévoit une désindexation de la pension de retraite complémentaire (Agirc et Arrco) par rapport à l’inflation pendant 3 ans. Soit une économie de 2 milliards d’euros sur le dos des retraités. Voilà la mécanique bien huilée de la marche arrière sociale.

Avancer ensemble ou reculer chacun

Après l’Accord national interprofessionnel, dit « accord de compétitivité », un recul social dicté par le patronat que le gouvernement fait transcrire dans la loi, voilà qu’on s’en prend à nos retraites, sans oublier de nous taxer de-ci de-là, alors que les entreprises licencient à tout va. Les sacrifices demandés n’annoncent aucun répit par la suite. Seule la lutte d’ensemble, fédérant toutes les mobilisations isolées, pourra les faire reculer.

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