Avis de tempête sociale : Que faire ?

 


 

 

 

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 Des ouvriers licenciés aux transporteurs routiers, des sages-femmes au personnel des centres équestres, toutes les couches de la société voient rouge. Avec ou sans bonnet !

Il faut dire que les raisons de se battre ne manquent pas. D’abord pour les salariés bien sûr, qui voient les licenciements s’ajouter aux licenciements, comme après l’annonce, vendredi dernier, du dépôt de bilan du groupe Mory Ducros, qui pourrait entraîner la suppression de 2 000 à 3 000 emplois. Le plus gros dépôt de bilan depuis douze ans, mais une goutte d’eau dans l’océan des quelque 736 plans sociaux recensés entre janvier et septembre derniers ! Et les fermetures d’usines ne pèsent pas que sur les seuls salariés, comme en Bretagne où l’agroalimentaire fait vivre des villes entières ; où ce sont aussi de tout petits patrons, petits agriculteurs, pêcheurs, restaurateurs, etc., qui risquent de mettre la clé sous la porte.

Quant à la fiscalité, dont Ayrault évoque une « remise à plat », elle égratigne à peine les fortunes du CAC 40. Mais les 800 000 foyers fiscaux qui se sont fait imposer pour la première fois cette année, et tous ceux qui devront payer le prix fort de l’augmentation de la TVA au 1er janvier prochain, ont mille fois raison de protester contre l’injustice fiscale.

Aux travailleurs de prendre la tête des contestations

Dans ce contexte, les capitalistes de l’agroalimentaire et d’ailleurs, ainsi que leurs petits copains de droite et d’extrême droite, voudraient cueillir les fruits de la colère. Alors, c’est à la classe ouvrière, si elle ne veut pas que d’autres le fassent, de prendre la tête des cortèges. À elle d’unifier tous les cris de révolte, de couvrir la voix des riches qui pleurent la bouche pleine par celle du monde du travail. Si des clubs d’équitation peuvent organiser une manifestation nationale et amener cavaliers et poneys défiler à Paris, pourquoi les travailleurs n’en feraient-ils pas autant, alors qu’ils sont bien plus nombreux à subir les conséquences de la crise et des politiques d’austérité ?

Oui, il faudrait unifier les luttes, pour lancer la contre-offensive. Tout le contraire de la politique des directions syndicales ! Samedi dernier, au nom de l’« unité syndicale » (CFDT, CGT, Solidaires, CFTC, Unsa, CFE-CGC et FSU – seule FO s’est désolidarisée), elles organisaient leurs propres manifestations en Bretagne. Hélas, d’abord pour se démarquer des « bonnets rouges » et des travailleurs bretons qui avaient, début novembre, exprimé leur colère contre les licenciements et l’écotaxe. Pire, alors que c’était l’occasion de poursuivre ensemble la mobilisation, elles ont éclaté les manifs dans quatre départements, ajoutant ainsi la division à la division ! Tout ça pour réclamer un « volet social » au « pacte d’avenir sur la Bretagne », ce coup de bluff du gouvernement Ayrault.

Une politique qui se contente de quémander un peu de « social » à un gouvernement dont toute la politique est anti-ouvrière ! À l’approche des municipales, Mélenchon ne fait pas beaucoup mieux, en appelant à manifester le 1er décembre pour réclamer une« révolution fiscale ».

Ne compter que sur nous-mêmes

Mais que ce soit le week-end dernier, aux côtés des syndicats, le 30 novembre avec les « bonnets rouges » ou le 1er décembre avec Mélenchon, les occasions ne manquent pas de manifester notre colère… à notre façon. Les salariés en lutte pour leur emploi peuvent y trouver l’occasion d’affirmer leurs revendications, de se parler, de se coordonner – de Mory Ducros à Fagor-Brandt en passant par La Redoute, Goodyear, Gad, Doux, Tilly-Sabco, Marine Harvest, Kem One, TNT Express, PSA, EADS, Michelin…

Et puisque les politiciens se prétendant à la gauche du PS, puisque les confédérations syndicales ne fédèrent pas grand-chose… eh bien, que les travailleurs le fassent eux-mêmes !

En exprimant leur solidarité avec toutes les couches laborieuses de la population ; en coordonnant leurs luttes ; en faisant entendre leurs revendications :Interdiction des licenciements ! Partage du travail entre tous ! Augmentation immédiate des salaires !

 

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