Bienvenue à nos futurs camarades !

IMG_3174Plusieurs dizaines de milliers de manifestants ont défilé ce week-end à Londres, Copenhague, Madrid, Stockholm et d’autres grandes villes d’Europe pour affirmer leur soutien aux réfugiés. « Refugees Welcome », « Ouvrez les frontières » pouvait-on lire sur les banderoles. Cette solidarité, il faudra l’exprimer encore et plus que jamais envers ces familles, ces travailleurs qui risquent leur vie pour fuir la guerre ou la misère.

Notre solidarité, leur hypocrisie

Le gouvernement de Merkel, qui se posait en exemple de générosité en Europe, vient ce week-end de rétablir les contrôles à la frontière avec l’Autriche, sous prétexte que certaines villes seraient « débordées ». En réalité, il ne s’agit que d’un geste politicien minable vis-à-vis de la droite de son parti et un sordide marchandage sur la répartition de l’accueil avec le reste des gouvernements européens. Organiser l’accueil de centaines de milliers de réfugiés, immédiatement, ce n’est qu’une question de moyens. En d’autres temps les pays les plus riches de l’Europe comme l’Allemagne, lors de la réunification par exemple, ou la France lors de l’accueil du million de Pieds-Noirs rapatriés d’Algérie, ont su mettre en œuvre très rapidement de telles structures d’accueil et d’intégration.

La palme de l’hypocrisie revient à Hollande. Que propose-t-il ? Accueillir en France… 24 000 réfugiés sur deux ans, tout en envisageant de larguer des bombes sur la Syrie ! Ce même va-t-en guerre de Hollande a osé reprendre cet été les accents religieux de Georges Bush en son temps, en évoquant l’offensive du « Bien » contre le « Mal », en une nouvelle croisade calamiteuse. On sait pourtant que ces frappes aériennes, aux côtés de l’aviation américaine, sont les premières responsables de l’essor de l’État islamique en Irak. Sans parler des milliers de victimes des bombardements en question, qui ne peuvent que jeter toujours plus de réfugiés sur les routes…

On ne lutte pas contre le chômage en repoussant nos frères et sœurs venus d’ailleurs

Certains travailleurs se disent qu’il y a trop de chômage en France pour pouvoir accueillir les réfugiés. Mais réfléchissons une seconde : est-ce en refusant de les accueillir, en les considérant comme des concurrents, que nous allons faire baisser le chômage et obtenir des logements corrects ? Les licencieurs se frotteront simplement les mains de nous voir ainsi timorés, divisés, en concurrence.

Quand les patrons licencient, ce n’est pas parce que l’économie ne fournit pas assez d’emplois. C’est pour surexploiter ceux qu’ils gardent et faire exploser les dividendes de leurs actionnaires. Le chômage, la crise du logement, ce n’est pas une fatalité économique. C’est une affaire de guerre de classe contre l’ensemble des exploités, avec ou sans papiers. Une affaire de rapport de force, un problème politique.

Notre solidarité, notre force

Notre force, ce serait nous renforcer les uns les autres. Parmi les réfugiés, bon nombre ont lutté contre leurs dictateurs, et ce ne serait pas du luxe de les avoir à nos côtés, de profiter de leur détermination, de leur courage.

Les emplois à pourvoir, ce n’est pas ce qui manque, dans les hôpitaux, les écoles, les bureaux de postes, les transports, dans les usines où la charge de travail est de plus en plus insupportable. Il y aurait de quoi partager le travail entre tous, lancer un vaste plan de construction de logements, en prenant sur les profits et toutes les subventions versées au grand patronat. Comment l’imposer à l’ensemble de cette bourgeoisie qui se tient solidement les coudes ?

En nous tenant les coudes. Nous, travailleurs, avons tout intérêt à témoigner activement notre solidarité envers ces travailleurs migrants. Ils peuvent être nos prochains alliés dans les luttes contre le chômage et les bas salaires, pour la justice sociale. Refusons de nous laisser diviser par des frontières et des préjugés. Notre intérêt commun est de nous battre ensemble face au patronat et aux gouvernements qui répandent chômage, guerre et misère aux quatre coins du monde.

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