Bulletin Révolution N° 5 année 3

Roms Valls, à pas de Guéant !

Roms Valls, à pas de Guéant !
Démagogie xénophobe et
politique anti-Roms
Le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, a
réussi, cet été, à se rendre aussi illustre
dans l’abject que Sarkozy deux ans plus
tôt : raids policiers au petit matin contre
les Roms, destruction des camps et arrestation
de « clandestins ». Conséquence :
des dizaines de familles jetées à la rue de
la manière la plus brutale, ou reconduites
à la frontière, comme des parias. Et cette
campagne anti-Roms a fait des émules :
ce jeudi 27 septembre dans les quartiers
nord de Marseille, des habitants ont mis
le feu à un campement
après avoir forcé
les Roms qui l’habitaient à le quitter, en
laissant leurs maigres biens derrière eux.
Expulsions et phrases chocs
En 2010, Sarkozy avait pointé du doigt
les Roms et leur prétendue « criminalité
». En 2012, Valls justifie lui aussi les
expulsions de campements « illicites » par
la lutte contre les « activités délinquantes
dont [certains Roms] tirent des profits
réinvestis à l’étranger »1. Et, s’il explique
que les Roms sont « des damnés de la
terre, pourchassés dans leur pays », c’est
pour mieux rejouer une vieille rengaine
xénophobe (déjà utilisée par un Premier
ministre socialiste…) : « La France ne peut
pas accueillir toute la misère de l’Europe.
»2 Toute la misère ? Il ne s’agit pourtant
que de 15 000 à 20 000 personnes, et
la France est loin d’être submergée par
l’immigration
de Roms. Mais, pour Valls
et consorts, c’est déjà trop. Et le gouvernement
socialiste d’en expulser plus
de 2 000 durant l’été. Expulsions pour le
spectacle médiatique, puisque les expulsés
reviennent pour la plupart, et que le
nombre de Roms sur le territoire français
ne diminue pas.
L’« humanisme » selon le
gouvernement Hollande.
Le gouvernement prend prétexte du
problème « sanitaire » posé par les
campements pour justifier leur démantèlement.
Ces campements sont des lieux
insalubres, où les familles roms vivent
dans des conditions infectes. Mais, si ces
messieurs du gouvernement s’en souciaient,
ils trouveraient des solutions. Au
contraire on expulse sans reloger, et on se
vautre dans la démagogie et l’hypocrisie.
Au mépris des Roms, qui aspirent à
un vrai logement,
avec sanitaires, tout
comme les Algériens des bidonvilles dans
les années 1960. Quant à « l’ouverture
du
marché du travail » aux Roms, c’est un
écran de fumée. Les citoyens roumains et
bulgares sont, depuis l’adhésion de leurs
pays à l’Union européenne
en 2007, des
citoyens européens de seconde zone : ils
ne peuvent circuler librement que dans la
limite de trois mois ; au-delà, ils doivent
être en possession
d’un titre de séjour et
d’un permis de travail.
La circulaire du 26 août censée assouplir
ces conditions
ne sert qu’à faire diversion :
la liste des métiers auxquels ils pourraient
avoir accès n’est pas fournie et les autorisations
de travail resteront soumises à
l’arbitraire préfectoral3. Dans le contexte
actuel, c’est surtout au chômage et à la
précarité qu’ils auront accès, comme tant
de travailleurs « français » !
Un problème européen ?
Valls cherche aussi à se défausser du
problème en le rejetant sur les pays
d’origine ou sur l’Union européenne4.
La responsabilité des grands pays européens
est pourtant immense.
Certes, les Roms, provenant pour la plupart
de Roumanie, de Bulgarie et des
Balkans, ont toute une histoire d’errances.
Mais leur prétendu nomadisme a bon
dos et ne sert qu’à justifier leur maintien
dans la précarité. Les Roms, comme bien
d’autres peuples de ces régions, ont subi
l’éclatement de l’ancien bloc soviétique,
en particulier la « libéralisation » et les
guerres de Yougoslavie, aux désastreuses
conséquences
sociales. Par là-dessus sont
arrivées différentes
vagues de crise. Et si
les Roms quittent les lieux où ils vivent
c’est, comme bien d’autres, pour fuir la
misère et les persécutions (couvertes par
les autorités hongroises ou roumaines)
: pogroms, maisons brûlées, agressions
physiques, meurtres5 . Ils fuient également
les conséquences de l’austérité
imposée depuis 2009-2010 par le FMI et
les grands pays de l’UE, qui a paupérisé
une grande partie de la population, en
Roumanie notamment6.
Et tout se passe comme si l’Union européenne
regardait ailleurs : les sommes du
Fonds social européen
pour « l’insertion
sociale » des Roms ne sont quasiment
pas utilisées7 . Quant aux « rapports » qui
exposent les discriminations, la ségrégation
et le racisme dont sont victimes les
Roms, les Tsiganes, les « Gens du voyage
», ce ne sont que des bouts de papier :
rien n’est fait pour améliorer leur situation
et les gouvernements européens –
celui de France mené par les Guéant ou
Valls en tête – continuent à accentuer
leurs politiques répressives.
8 octobre 2012 N° 5 année 3

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