Départementales : voix sans issue

Comme on pouvait s’y attendre, et même si l’abstention est moins forte que prévu (un peu moins de 50 % des inscrits), le premier tour des départementales n’a pas mobilisé les foules. On ne sait même pas à quoi vont précisément servir ces élections, puisque les futures compétences des départements n’ont pas encore été définies. Cela n’a pas empêché l’UMP et le FN de crier chacun à la victoire, et le PS de minimiser sa défaite.

Le gouvernement poursuit sa route

Dans ce petit jeu de l’alternance, qui devrait voir la victoire de l’UMP, où sont les intérêts des travailleurs ? Comme l’a répété Valls au lendemain des élections, le gouvernement poursuivra de toute façon sa politique qui, selon Valls, « va donner des résultats ». Certainement, mais lesquels ? Grâce à la loi Macron, par exemple, les patrons pourront licencier plus facilement et pour moins cher, tandis que les salariés verront fondre le peu de protection dont ils disposaient encore. Quant aux économies prévues dans l’Hôpital public, elles devraient entraîner plus de 20 000 suppressions de postes. D’autres mesures, comme la loi sur la « sécurisation de l’emploi » de juin 2013, ont d’ailleurs déjà porté leurs fruits : 250 000 chômeurs de plus.

L’impasse du racisme et de la xénophobie

Quels que soient les résultats des élections, les attaques contre les classes populaires vont donc se poursuivre. Cela ne risque pas de gêner la droite, qui a mené la même politique lorsqu’elle était au pouvoir. Quant à la famille Le Pen, millionnaire, elle veut faire croire à l’électorat populaire que le FN a une politique sociale. Pourtant, dans les mairies qu’il tient comme dans son programme, le FN défend une politique d’austérité budgétaire, discriminatoire à l’encontre des plus modestes : suppression de postes, d’aides sociales, de subventions… Pour faire avaler le tout, sa politique consiste à monter les travailleurs les uns contre les autres, notamment en répartissant les aides sociales et les subventions publiques selon des critères racistes.

Marine Le Pen veut faire fantasmer sur la prétendue « immigration de masse » qui menacerait nos clochers. En réalité, tout en agitant les pires préjugés, le FN défend les mêmes intérêts que le PS et l’UMP : ceux des capitalistes qui continuent de licencier les uns, de faire trimer plus dur les autres et de faire pression sur le gouvernement pour casser les services publics et les droits des travailleurs. Des capitalistes bien de chez nous, qui font des profits faramineux : 64 milliards d’euros en 2014 pour les sociétés du CAC 40 !

Tous ensemble, prendre le chemin des luttes

Les grandes entreprises, qui arrosent plus que jamais leurs actionnaires, ont largement de quoi embaucher et de quoi nous augmenter : nous n’avons aucune raison de nous diviser sous prétexte que ce serait la crise.

Travailleurs de toutes origines, nous avons les mêmes problèmes et c’est ensemble que nous devons nous battre à chaque fois que nos exploiteurs tentent de nous imposer leur sale loi du profit. La grève interprofessionnelle du 9 avril sera, entre autres, une meilleure occasion que les élections pour faire entendre les revendications du monde du travail.

Dans les hôpitaux en grève contre les suppressions de postes et les horaires infernaux, à la SNCF, à la Poste et tous les services publics, dans les usines en lutte contre des plans de licenciements ou pour l’augmentation des salaires, bref, partout où les travailleurs relèvent la tête, montrons que tous ensemble nous pouvons inverser la tendance.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *