Double éditorial Étincelle : rentrée sociale et Syrie

 

 

 

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Le 10 septembre, un point de départ, tous ensemble !

2 septembre 2013

 

 

Le gouvernement après des longues semaines de discussion, et probablement anxieux de nos réactions, a dévoilé sa réforme des retraites.

Ayrault nous raconte qu’il ne touche pas à l’âge légal de départ ? Mais le nombre d’annuités pour bénéficier d’une retraite pleine atteindra 43 ans. Il devient donc presque impossible de partir avec une retraite à taux plein à 62 ans.

On nous raconte aussi – air connu – qu’il faudrait travailler plus longtemps car aujourd’hui on vit plus vieux ? Mais si la société capitaliste ne fonctionnait pas si mal, si elle ne fabriquait pas des millions de chômeurs, les caisses de retraite seraient pleines. La principale cause de déficit est là.

On nous raconte enfin qu’il va falloir augmenter les cotisations et que ce serait notre intérêt ? Mais deux poids deux mesures : tandis que nous allons perdre sur toute la ligne, les patrons vont gagner d’un côté ce qu’ils vont perdre de l’autre ! Et davantage même ! La hausse de leurs cotisations retraites sera compensée par la réduction d’autres cotisations (notamment d’allocations familiales) et d’impôts. Le ministre des finances Moscovici, a été vivement applaudi par les patrons à leur université d’été !

Et nous les travailleurs, devrions le payer par tous les bouts ? Non merci !

Les syndicats CGT, FO, Solidaires et FSU appellent à une journée d’action le mardi 10 septembre prochain. Il ne suffira pas d’un jour pour contrer les sales coups de ce gouvernement prétendu de gauche. Mais nous devons montrer notre colère. Et une journée réussie peut et doit en annoncer d’autres.


Hollande, le premier des « va-t-en-guerre » ?

Après le retrait de la Grande-Bretagne, puis la décision d’Obama de solliciter l’approbation de son parlement, Hollande qui se préparait à envoyer ses Rafales en Syrie dès cette semaine, doit quelque peu rabaisser son caquet. Il avait dégainé trop vite.

Mais le projet est toujours là, d’une opération militaire américano-française en Syrie dans les semaines qui viennent. Encore une ? La guerre d’Afghanistan, déclenchée en 2001, dure toujours. Celle d’Irak, de 2003, a laissé un pays en proie aux attentats et guerres de clans. Celle de Libye, dont Sarkozy était si fier en 2011 et qu’Hollande et Fabius ont soutenue, a laissé un pays en ruine et un peuple entre les mains de cliques militaires et religieuses tout aussi dictatoriales que ne l’était Kadhafi.

Les « frappes » qu’Hollande et Obama ont annoncées ne seraient pas la guerre, nous dit-on. Mais combien de destructions et de morts feraient-elles ? Et quelle escalade ensuite ? Et cette « leçon » donnée à Al-Assad… à quel prix et quel sang pour les Syriens ?

Les interventions militaires des grandes puissances n’ont pas pour but de libérer les peuples. Bachar Al-Assad est un dictateur sanglant. Ni plus ni moins que ne l’étaient Ben Ali en Tunisie et Moubarak en Egypte, ces deux grands amis de la France avant que leurs peuples ne les renversent. Bachar Al-Assad a été bon ami aussi, reçu par Sarkozy à l’Elysée. Et quand il a entamé sa répression féroce contre des révoltés qui le menaçaient à son tour, les grandes puissances occidentales ont laissé faire. Ce qui les inquiète aujourd’hui, après une répression qui aurait déjà fait près de 100 000 morts, ce n’est pas l’utilisation supposée d’armes chimiques qui violerait les « lois internationales » de la guerre bien policée. Ce qui les inquiète, c’est que Bachar Al-Assad n’ait pas réussi à rétablir l’ordre, c’est l’instabilité du pays et de la région. Y compris celle de l’Egypte où vient de se rompre l’alliance entre l’Etat-major de l’armée et les Frères musulmans : une alliance que les USA avaient encouragée dans l’espoir de mieux dominer le peuple égyptien qui, deux ans et demi après sa révolution, continue à se mobiliser et faire grève.

Hollande l’a d’ailleurs précisé : il ne s’agit pas de renverser Al-Assad. L’objectif serait de faire pression sur lui pour qu’il accepte un compromis avec une partie des chefs autoproclamés de la rébellion, notables du « gouvernement provisoire » soutenus par les grandes puissances occidentales, officiers dissidents de l’armée d’Al-Assad ou chefs de groupes islamistes intégristes. Une telle réconciliation des chefs devrait permettre de tenir à nouveau le peuple syrien d’une main de fer, et de lui faire supporter sa misère.

Voilà dans quel but Hollande et Obama sont prêts à rajouter leurs bombardements à la guerre qui sévit en Syrie depuis plus de deux ans.

Une opération militaire contre les peuples du Moyen Orient, mais à sa façon contre nous ici.

 

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