La liaison du président… avec le patronat !

image 18 mois que cela durait… mais les médias faisaient mine de ne rien savoir. Et voilà que Hollande assume son idylle avec le grand patronat. Il a tenu à l’officialiser lors de sa conférence de presse du 14 janvier dernier, où il a détaillé le « pacte de responsabilité », autrement dit le mirifique contrat de concubinage qu’il entend conclure avec ses bien-aimés.

Dans la corbeille de la favorite : 15 milliards d’euros.

Le président n’arrête pas de cajoler le patronat, en lui chantant ses refrains préférés : baisse des charges, compétitivité, etc. Il vient de s’engager à supprimer les cotisations familiales d’ici à 2017. Soit une dot de 35 milliards d’euros qu’il apporte aux grands patrons… La mesure viendra, paraît-il, remplacer le Crédit d’impôt compétitivité-emploi, qui représentait 20 milliards, ce qui fera tout de même 15 milliards d’euros supplémentaires dans les poches patronales. Hollande peut toujours nous jurer ses grands dieux qu’il ne touchera pas aux allocations familiales : demain, comme pour la retraite ou le chômage, on nous dira qu’il n’y a plus de sou dans la caisse et qu’il faut réduire les allocations.

Et ce n’est que le début d’une longue liste. Car Hollande a également promis de « moderniser » la fiscalité des entreprises, de « faciliter » leurs décisions et autres commodités très lucratives. Tant et si bien que Pierre Gattaz, le patron des patrons, a applaudi et l’UMP ne sait plus quoi dire, vu que le PS lui pique sa politique et même la double sur sa droite !

Au bon peuple de payer l’offrande

Comment financer cette politique ? En faisant de nouvelles coupes budgétaires ! Hollande a annoncé 50 milliards d’économies d’ici 2017. De quoi démanteler un peu plus les services publics, réduire les budgets sociaux, étrangler les associations que l’on prive de subventions alors qu’elles assurent tant de besoins indispensables, etc. De quoi appauvrir encore plus la majorité de la population.

Hollande, reprenant la même démagogie mensongère que Sarkozy, y est même allé de son couplet sur les« abus » du système de protection sociale. C’est oublier un peu vite que la moitié des chômeurs ne sont pas indemnisés et qu’une bonne partie des plus pauvres ne touchent pas ce qui leur est dû, tellement les démarches pour faire valoir ses droits sont compliquées. Car là encore, le « choc de simplification » dont se vante Hollande, c’est pour les patrons, pas pour les exploités, pas pour les licenciés. L’assistanat en grand, et la facilité des démarches, c’est pour les barons du CAC 40.

Un contrat d’idylle à sens unique

Le plus beau, dans l’aventure sentimentale présidentielle, c’est que le patronat, lui, ne s’engage à rien. Gattaz refuse carrément « que ce pacte se transforme en contraintes ». Le patron des patrons précise d’ailleurs qu’il veut bien avoir pour« objectif » la création d’un million d’emplois d’ici à 2020 (contre 100 milliards de baisse d’impôts !). Mais attention, il ne « promet rien ».

Le gouvernement offre, le patronat en redemande… Cela fait d’ailleurs trente ans que ça dure. Les gouvernements de droite comme de gauche multiplient les cadeaux au patronat, et le chômage touche aujourd’hui 5 millions et demi de personnes ! Pendant les 18 premiers mois du quinquennat Hollande, de grands groupes comme PSA ou Sanofi, entre autres, ont largement profité des crédits d’impôts. Cela ne les a pas empêchés de licencier et de mettre ainsi, directement ou indirectement, 500 000 travailleurs de plus au chômage.

Il fut un temps où l’on faisait la révolution contre un régime de privilégiés affamant le peuple. Hollande et Gattaz nous cherchent : on ne va pas attendre d’être réduits à la famine pour qu’ils nous trouvent.

 

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