La vraie sanction contre le gouvernement Hollande-Medef, c’est ensemble, dans la rue et dans la grève, qu’il faut leur infliger

imageLa claque électorale reçue par le gouvernement Hollande lors du premier tour des municipales est sans surprise. Le taux record d’abstentions (38,5%) reflète le dégoût à l’encontre de ces politiciens de gauche qui mènent la politique du patronat.

Dans ce contexte, le Front National, arrivé en tête dans quelques villes, se targue d’incarner le rejet du système. C’est un énorme mensonge. Le FN travaille activement à s’intégrer au système. Et les thèmes sécuritaires, racistes, anti-immigrés et chauvins visent avant tout à diviser la classe ouvrière.

L’institutionnalisation du travail précaire, au pas de charge

Pendant que l’actualité se focalise sur les élections, les attaques contre les classes populaires se poursuivent à grande vitesse. Alors que les chiffres officiels du chômage frôlent 11% de la population active, que le nombre des travailleurs précaires explose, le patronat et le gouvernement, soutenus par certaines centrales syndicales, s’attaquent à la frange des travailleurs les plus fragiles.

Car c’est bien de cela qu’il s’agit avec l’accord signé entre le patronat et une partie des syndicats (CFDT, FO et CFTC) sur une nouvelle convention d’assurance chômage.

Le ministre du Travail vante les mérites des « droits rechargeables » prévus par l’accord. Il s’agit de permettre aux travailleurs sans emploi d’accumuler des droits à indemnisation chaque fois qu’ils retravaillent, alors que dans le système actuel ils en perdent une partie. Cette maigre carotte, censée donner un peu d’air aux travailleurs qui enchaînent contrats d’intérim et CDD entrecoupés de périodes de chômage, n’est que le début de la réparation d’une injustice. Mais elle entérine de fait l’explosion du travail précaire.

Le poison qui l’accompagne est de taille : les patrons se garantissent ainsi la possibilité de piocher selon leurs vœux parmi le stock de travailleurs au chômage, pour une ou deux semaines, voire pour deux ou trois jours, et retour à la case départ : Pôle emploi se transforme ainsi en une sorte d’agence d’intérim, et gratuite pour le patronat.

Et en échange de ce « nouveau droit », c’est dans la poche des salariés, de retraités et de chômeurs que l’on piochera.

Les plus de 65 ans à l’amende

Car l’accord prévoit que les salariés de plus de 65 ans, jusqu’ici exonérés de cotisations Unedic, devront désormais contribuer eux aussi au régime. Quant aux salariés licenciés qui ont touché une indemnité de départ, ils verront le délai de carence s’allonger de 75 jours à 180 jours (6 mois !) avant de toucher leurs indemnités chômage.

Juste combat des intermittents du spectacle

Dans les négociations sur le nouvel accord de l’assurance chômage, le patronat voulait tout simplement supprimer le régime spécifique dont bénéficient les intermittents, soumis à une grande précarité. Il a dû y renoncer face à leur lutte. Toutefois, l’accord a décidé d’augmenter leurs cotisations chômage, merci pour les syndicats signataires ! Ce recul partiel du patronat est dû à la mobilisation des intermittents du spectacle. Un exemple à suivre, vu que nous sommes tous en passe de devenir des « intermittents ».

Ajoutées aux précédentes, ces mesures ont de quoi faire encore monter notre colère. Laquelle devra bien s’exprimer, et cette fois pas par des bouts de papiers dans les urnes. Ce ne sera pas alors l’abstention populaire mais la participation que les politiciens de gauche, de droite et d’extrême droite auront à craindre ! Et pas seulement pour la conservation de leurs fiefs municipaux.

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