Le Ayrault du patronat



 

Enfin ! Le gouvernement vient de trouver la cause du chômage, des fermetures d’usines et des suppressions de postes. Les responsables ? Pas les licencieurs. Mais nos salaires « trop élevés », la durée de notre travail « trop courte » et notre protection sociale « trop avantageuse ». En un mot, nous ne sommes pas assez « compétitifs » dans la course internationale aux profits.

Un cadeau sans retour !

Le MEDEF et sa patronne, Laurence Parisot, ont chaleureusement applaudi au plan socialiste. Et pour cause ! Le gouvernement a choisi Louis Gallois, ex-patron de la SNCF et d’EADS, pour pondre un rapport qui exige un « choc de compétitivité ». Du choc, on est passé au pacte gouvernement-patronat. Et le rapport s’est transformé en plan d’austérité.

Pour la mise en œuvre, le gouvernement a opté pour un mécanisme compliqué. Il y aura une baisse des impôts sur les entreprises de 20 milliards d’euros baptisée « crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi » (CICE) dont 10 milliards dès la première année. La réduction d’impôt sera liée à la masse salariale et aux cotisations sociales jusqu’à 2,5 SMIC. Les entreprises paieront donc leurs cotisations sociales et seront remboursées ensuite.

Ce cadeau vient compléter les précédentes exonérations d’impôts patronaux du gouvernement Fillon. Le Parti socialiste, alors dans l’opposition, s’était offusqué des 20 milliards d’euros par an que coûte cette mesure ; aujourd’hui, il double le montant de ce chèque en blanc à l’ordre du patronat.

Le « pacte » de Jean-Marc Ayrault n’est assujetti à aucune obligation en termes d’emploi ou de salaire. Les syndicats patronaux avaient prévenu, il s’agissait de « la ligne rouge » à ne pas franchir. « Ainsi soit-il ! » a conclu le gouvernement.

Des actionnaires repus…

De fait, cette énième coupe dans les impôts patronaux gonflera un peu plus les fortunes des grands actionnaires. 39 milliards d’euros ont été distribués à ceux du CAC 40 en 2011. Ces dernières années, un dixième de la valeur de tout ce qui a été produit par les salariés des entreprises non financières a atterri directement dans les poches de ces rentiers. Mais bien sûr, le rapport Gallois et autre « pacte » du gouvernement ne soufflent mot du « coût » de la rente que se partagent les actionnaires. Si le « coût du travail », c’est-à-dire le montant de nos salaires directs ou indirects les obnubile, c’est parce que moins ils nous paient, plus ils s’enrichissent. Cela s’appelle l’exploitation !

…et des salariés à la diète

Les 20 milliards d’euros offerts au patronat seront compensés pour moitié par de nouvelles coupes sombres dans les services publics et, pour plus de 7 milliards, par une augmentation de la TVA. Hollande, avait abrogé la TVA « sociale » de Sarkozy après avoir fait campagne contre son caractère antisocial. La revoilà à l’ordre du jour. La TVA est l’impôt le plus injuste parce que ce sont ceux qui consomment leur salaire entier qui y sont le plus soumis, c’est à dire les couches populaires. L’austérité de gauche a le même sale goût que l’austérité de droite.

Du « choc de compétitivité » au « choc » des luttes

Les plans d’austérité pleuvent sur l’Europe au nom de la prétendue compétitivité des entreprises de chaque pays. Mais si les capitalistes se font concurrence, ils s’entendent parfaitement contre les travailleurs des différents pays.

Or c’est une même colère des classes populaires qui s’exprime désormais à travers l’Europe, comme lors des manifestations monstres à Londres, Madrid, Athènes, Rome ou Lisbonne.

Mercredi 14 novembre, plusieurs syndicats appellent à une manifestation dans tous les pays européens. Saisissons cette occasion ainsi que toutes celles qui suivront pour unir nos forces et organiser le contre-choc du monde du travail.

C’est en faisant converger nos luttes, au sein d’un même pays comme au-delà des frontières, que nous imposerons aux exploiteurs les mesures qui répondent à l’urgence sociale : interdiction des licenciements, partage du travail entre tous et augmentation des salaires et minima sociaux d’au moins 300 euros par mois.

 

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