Le peuple ukrainien pris en otage par Poutine et les puissances occidentales

 

 

 

Après trois mois de manifestations à Kiev, l’ancien président ukrainien a finalement démissionné la semaine dernière pour se réfugier en Russie. Les manifestants de la place Maïdan, et au-delà, avaient acclamé la chute d’un régime corrompu, au service d’oligarques enrichis par le pillage de l’économie du pays, depuis son indépendance. Ce qui ne les empêchait pas d’ailleurs de rester défiants vis-à-vis des politiciens du nouveau gouvernement, eux aussi largement corrompus et prêts à imposer à la population les nouveaux plans d’austérité exigés par l’Union européenne et le FMI. Mais l’euphorie qui a suivi la fuite de Ianoukovitch aura été brève ! Le président russe, Vladimir Poutine, en prétendant défendre la population russophone de l’Est de l’Ukraine, a fait sortir ses militaires de leurs bases en Crimée et voter un possible recours à une intervention armée. Le nouveau gouvernement de Kiev où se côtoient extrême droite et oligarques ayant rivalisé de corruption avec les proches de Ianoukovitch, a pour sa part multiplié les déclarations nationalistes anti-Russes. Il riposte aux bruits de botte de Poutine en ayant mis l’armée ukrainienne en état d’alerte. S’il est trop tôt pour savoir jusqu’où ira l’escalade militaire, une chose est d’ores et déjà sûre : l’affrontement avec la Russie éclipse pour l’heure le contenu social que le renversement de Ianoukovitch était en train de prendre. Après les serviteurs de Poutine, les serviteurs des puissances occidentales veulent étouffer la révolte des travailleurs et de la population contre les ravages de la crise économique provoquée par les oligarques et les affairistes qui ont systématisé la corruption. Reste les rivalités des grandes puissances, côté russe comme occidental, pour contrôler cette région stratégique, qui conduisent aujourd’hui à toutes les surenchères nationalistes et guerrières. Une partie de la population a réussi à chasser Ianoukovicth. Si tous les travailleurs, qu’ils soient de l’Est ou de l’Ouest de l’Ukraine, s’y mettent ensemble, ils pourront chasser leurs oppresseurs et exploiteurs, quelles que soient leurs allégeances ! Seule l’intervention des travailleurs, des classes populaires, peut empêcher le pire, pour imposer le respect des droits des peuples et des travailleurs, mettre fin aux privatisations qui ruinent l’économie ukrainienne, ouvrir la voie à une Europe fondée sur la solidarité et la coopération et non la concurrence contre les peuples.



Le pacte de Hollande avec le patronat

Le gouvernement ne jure désormais que par le « pacte de responsabilité » proposé aux entreprises. Le pacte en question, c’est 30 milliards d’exonérations de cotisations sociales pour le patronat, qui rejette toute « responsabilité » : pas question de promesses ni de contreparties en matière d’emploi, a expliqué Gattaz, le patron du Medef. Au contraire, il ordonne au gouvernement de ne pas « stresser » les entrepreneurs, les pauvres ! Ces déclarations patronales n’ont pas empêché le gouvernement d’embarquer les centrales syndicales dans l’arnaque des négociations sur ce pacte à sens unique, qui se sont ouvertes vendredi dernier. Une partie des centrales syndicales de salariés, CFDT en tête, s’y sont précipitées voyant même dans la première séance « un bon coup d’envoi ». CGT et FO y sont allées en dénonçant le « marché de dupes ». Soit. Mais que préparent-elles comme riposte des travailleurs ? Car ce qui se profile, ce sont de nouveaux sacrifices pour les travailleurs et la poursuite des licenciements. À moins de se donner les moyens, ailleurs que dans les salons des négociations, d’être aussi intransigeants dans la défense de leurs intérêts que les patrons le sont pour défendre les leurs…

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