Les menteurs et les vrais voleurs

 

 

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Depuis des semaines, on assiste à un spectacle écœurant où des politiciens, du gouvernement socialiste au Front national, participent à une véritable campagne contre les immigrés. Et ce ne sont pas les centaines de migrants morts noyés en Méditerranée ou l’expulsion abjecte de la jeune collégienne Leonarda vers le Kosovo qui les ont arrêtés, bien au contraire.

Dans cette ambiance nauséabonde, la mobilisation des lycéens, qui sont descendus dans la rue par milliers pour réclamer le retour de Leonarda, ainsi que celui de Khatchik, un lycéen lui aussi expulsé, fut une véritable bouffée d’oxygène. Bravo aux jeunes, nous devrions prendre exemple ! En guise de réponse, Hollande autorise Leonarda, qui a 15 ans, à revenir en France… mais sans sa famille ! Absurde.

C’est la bourgeoisie qui coûte cher

Car on nous abreuve d’âneries sur le prétendu « coût » de l’immigration, qui serait censé justifier l’alignement du gouvernement sur les arguments xénophobes du FN et de l’UMP.

Pour ce qui est de l’aide médicale d’État que certains voudraient remettre en cause, il s’agit d’une aide à la prise en charge des soins qui bénéficie notamment à certains sans-papiers (mais pas seulement eux). En Espagne, des centaines de milliers d’étrangers sont privés de la sécu depuis plus d’un an. Une loi scélérate qui s’est soldée par des morts, faute de pouvoir payer les soins. Voilà le modèle qu’on voudrait nous servir : la barbarie !

Tous ces mensonges n’enlèvent rien au fait que les immigrés rapportent chaque année 12 milliards d’euros aux finances publiques. Mais maintenir des milliers d’entre eux dans l’illégalité permet aux patrons petits et grands – de la restauration et du BTP notamment – de leur donner les boulots les plus difficiles, les plus mal payés et de pouvoir les licencier du jour au lendemain.

Le Front national, qui fait mine de s’intéresser au sort des salariés, prétend que les travailleurs immigrés exerceraient une pression à la baisse des salaires, alors qu’en réalité c’est la législation anti-immigrés qui fabrique des sans-papiers et les contraint à accepter ces emplois sous-payés !

Cette propagande sur le « coût de l’immigration » ressemble à s’y méprendre à celle sur le « coût du travail », qui prétend que les travailleurs coûtent trop cher alors qu’en réalité ce sont eux qui produisent toutes les richesses. Cette propagande vient des mêmes politiciens, qui défendent le même camp social. Celui de la bourgeoisie, qui continue à s’en mettre plein les poches malgré la crise. Alors il est bien pratique pour cette dernière d’avoir des serviteurs zélés qui font diversion.

Une diversion qui d’ailleurs arrange bien le gouvernement socialiste. À force de ramper devant les exigences du patronat, de ne rien faire devant la tempête des licenciements et de multiplier les taxes qui pèsent sur la population, il s’est totalement discrédité. En contribuant à entretenir cette atmosphère de racisme, le gouvernement aide le FN. Cela permettra à la gauche de crier au loup en espérant mobiliser son électorat demain. En réalité, c’est aujourd’hui que Valls fait du Le Pen. Et c’est aujourd’hui qu’il y a un danger de voir le poison de la division, savamment distillé, se répandre chez les travailleurs les moins conscients de leurs intérêts.

La galère du capitalisme

Depuis toujours, l’humanité s’est déplacée sur la planète. Ceux qui nous présentent cela comme une « anomalie » nous prennent pour des imbéciles.

Alors défions-nous des politiciens qui ne proposent que des expulsions et des barbelés pour sauvegarder la forteresse Europe ou France. C’est la bourgeoisie, prospérant au milieu d’un océan de misère et d’exploitation, qui devrait se sentir comme dans une forteresse assiégée. Nous serions bien inspirés de passer à l’abordage, avec nos camarades les travailleurs de toute nationalité.

 

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