Les sans-papiers sont nos frères et nos sœurs

Les sans-papiers sont nos frères et nos sœurs !

Depuis plusieurs semaines, l’occupation de la Censive a permis de rendre visible le problème des mineurs isolés et plus largement des sans-papiers. C’est un espace de repos mais aussi un lieu de lutte. Les équipes militantes qui en ont été à l’initiative, et celles qui se sont agrégées par la suite, ont été mises à rude épreuve cette semaine. Le jeu de la présidence d’Université est au cœur de ces tensions, mêlant crispations et détente.

L’ultimatum

La présidence d’Université ne fait pas mystère de ses choix. L’espace militant- qui protège les jeunes migrants- doit être évacué. Pourquoi se demande t’on ? La réponse mélange plusieurs aspects dont aucun n’est convaincant. La tenue des examens ? Le campus avec ses nouveaux travaux avec un peu d’organisation est à même de recevoir les épreuves, quitte à les déployer un peu en longueur. Cela présente le double avantage de ne pas mettre les migrants à la rue et de mieux préparer les partiels ? La sécurité ? Pour qui a visité le lieu pour rencontrer les jeunes migrants, tout est organisé et bien tenu ; c’est un espace de vie pacifique favorable aux échanges et au repos. Les annonces d’évacuation ont créé des crispations, elles ne sont pas le fait des occupants. Autre raison invoquée : la lutte en cours ne concerne plus seulement les sans-papiers mais englobe d’autres causes. La belle affaire ! On y discute de bien de choses, comme changer ce monde ou simplement vivre autrement. Quelle impertinence ! C’est un argument ridicule, puisque sans trop nous avancer, nous assurons à la présidence que sur le campus les étudiants ne parlent pas que… des cours. Les raisons de la présidence sont bien entendu ailleurs, et elles ne sont pas techniques, financières mais politiques. L’idée d’une Université garantissant le droit d’étudier à chacun, ouverte sur le monde n’est pas une perspective pour la présidence. Alors mardi il y a eu l’ultimatum. L’évacuation des étudiants par la sécurité du campus. L’attente d’une intervention. La belle réaction des étudiants et des soutiens aux migrants. Puis la proposition de faire discuter les deux parties le lendemain et le refus de la présidence d’honorer sa promesse de dialogue. Enfin, l’annulation de l’ultimatum et la lettre à la préfète de choc annulant la demande d’intervention de la police sur le campus.

Un peu de temps gagné
Sans être dupes de ces manœuvres, c’est une petite victoire provisoire. Les divisions au sein de la direction de l’Université y sont pour quelque chose, l’intervention de l’intersyndicale sans doute aussi. Plus sûrement c’est une certaine détermination qui a été payante. Mais les défis sont nombreux. L’approche des vacances va vider le campus ; le fait de maintenir une présence sera un enjeu important. De même le travail juridique- porté par des associations depuis des années – nécessite un soutien accru, un transfert d’expérience et de compétences nécessaire. Seule la création d’un rapport de force large et unitaire peut faire hésiter la présidence et la préfecture. Comme l’annonce un tract écrit par des sans-papiers pour s’organiser ensemble : « la force c’est nous ! Courage ! Détermination ! Égalité ! Fraternité ! », c’est la voie à suivre.39DF0DFA-BDF9-482E-AAF9-3B3395CDDC08

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