Mali :les guerres à visées impérialistes n’ont jamais aidé les peuples !

imageEn dix jours, on en est déjà à 2000 hommes que François Hollande et son gouvernement ont envoyés au Mali, avec un déploiement matériel aérien et au sol énorme, selon les militaires eux-mêmes.

Cette nouvelle aventure guerrière dite anti-terroriste, rappelle immanquablement les précédentes croisades des grandes puissances en Irak, en Afghanistan, voire l’aventure de Poutine en Tchétchénie. On sait quand elles commencent, mais on ne sait pas ni quand ni comment elles finissent.

Sauver le Mali de l’avance des islamistes ?

Mensonge. Cette guerre comme bien d’autres menées par les grands de ce monde, sont d’abord menées en appui aux pillages économiques effectués par leurs trusts, en particulier dans cette région du Sahel qui pue le pétrole et le gaz de BP ou Total en Algérie, l’uranium d’Areva au Niger – pays limitrophes de ce nord Mali dont il s’agit de faire la reconquête. Tant pis si les populations déjà laissées dans un dénuement extrême, vont probablement le payer cher, dans le nord comme dans le sud Mali. Tant pis si davantage encore de jeunes seront livrés au désespoir… et aux terroristes recruteurs, dont le terreau est précisément la misère. Les tristes expériences de ces vingt dernières années ont montré que les croisades des dirigeants des grandes puissances contre le terrorisme ne nous en ont pas délivrés, au contraire !

Le Mali est un pays aujourd’hui ravagé. Mais la faute à qui ? Pillé déjà par de grands trusts, dont quelque 125 sociétés françaises et filiales, de BNP à Alcatel, en passant par Paribas, Vinci et Bolloré, intéressées entre autres par l’or et le coton. Mais déstabilisé aussi par les conséquences de la guerre en Libye engagée en 2011 par les grandes puissances, France en tête.

Le gouvernement provisoire malien, soutenu par la France, n’est qu’un paravent aux guéguerres entre cliques corrompues, l’armée de son côté utilisant surtout ses galons à racketter la population.

Mais devant pareille débâcle et devant les dures exactions commises contre la population au nord par les nouveaux maîtres djihadistes (obligation du port du voile pour les femmes, coups de fouet voire mutilations pour mauvaises mœurs, etc.), une bonne partie de la population du Mali et des travailleurs maliens ici même, dans l’immigration, ont pu se réjouir de l’engagement de l’armée française. Mais le remède risque de se révéler rapidement pire que le mal.

La liste est longue, des craintes qu’on peut nourrir sur l’issue de cette aventure guerrière

Une guerre sans morts ? On nous ment manifestement. Comment ? Maison par maison ? Pour en extirper les combattants djihadistes ? Avec au sud la chasse aux Touaregs ou « peaux claires », qui a déjà commencé à Bamako où jusqu’à peu la cohabitation ne posait pas de problème ?

Une guerre limitée et sans conséquences imprévisibles ? La guerre s’est immédiatement propagée en Algérie ! C’est en représailles aux opérations militaires françaises qu’un groupe armé islamiste a envahi la base gazière d’In Amenas, avec la riposte des forces spéciales algériennes et les conséquences que l’on sait.

C’est évidemment la population malienne qui va payer le prix le plus lourd. Par les morts, les destructions et désorganisations, les exodes de masse ou exactions tribales qui ont déjà commencé.

Que faire alors ? L’émancipation des peuples, comme celle des travailleurs, ne peut être l’œuvre que des peuples eux-mêmes. C’est évidemment facile à dire, plus difficile à faire. Les travailleurs dans les métropoles des pays riches, les peuples dans les pays qu’elles saignent, auraient pourtant ensemble la force du nombre pour empêcher les pillards capitalistes et leurs cliques au pouvoir de nuire. Et de s’organiser contre des groupes terroristes qui se nourrissent de la misère et du désespoir, mais sont loin d’être des ennemis irréductibles de l’impérialisme. Il n’y a pas de solution hormis la mobilisation venue d’en bas

 

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