Mondial de la contestation sociale : Et maintenant, le Brésil !

manifbresil« Une mer humaine, un déluge de pancartes et de banderoles » selon la presse : un million de personnes dans tout le Brésil jeudi dernier, 300 000 rien qu’à Rio de Janeiro. La répression policière s’est déchaînée à coups de matraque, de grenades lacrymogènes et de balles en caoutchouc, faisant des centaines de blessés.

Voilà presque deux semaines que le mouvement a commencé contre l’augmentation des tarifs des transports en commun, au moment même où des sommes colossales sont dépensées pour l’organisation de la Coupe Fifa et 15 milliards de dollars pour le Mondial de 2014. Alors que le salaire minimum brésilien équivaut à 240 €, que le salaire ouvrier moyen à Sao Paulo est d’environ le double, la dépense moyenne en transport est de 80 € par mois. Inabordable. Romario, ancien joueur de foot, champion du monde 1994 et actuel député fédéral, ne mâche pas ses mots : la Fifa (exemptée d’impôts par le gouvernement en avril 2010) « monte un cirque, ne dépense pas un centime et emporte tout ». Rivaldo, champion du monde 2002, évoque la « honte de dépenser tant d’argent pour cette Coupe du monde et laisser les hôpitaux et les écoles dans des conditions précaires ». Des gouverneurs d’État et des maires ont dû reculer devant la mobilisation. Mais si les manifestants ont obtenu par endroits le retour à l’ancien tarif, un étudiant explique : « On ne peut pas s’arrêter là. Tout le monde sait que nos revendications dépassent le cadre du relèvement du tarif des transports. »

Le gouvernement « de gauche » commande des grands travaux qui profitent aux riches, corruption à la clé, et réserve aux pauvres expropriations, expulsions et hausses d’impôts.Malgré les promesses – d’ailleurs bidon – de la présidente Dilma Rousseff, samedi, le mouvement ne s’est pas essoufflé : des dizaines de milliers de manifestants dans plus de 100 villes. Il est soutenu par les trois quarts de la population, l’idée est lancée d’une grève générale le 1er juillet. De quoi semer la panique au gouvernement comme chez ses amis capitalistes. Et pas seulement au Brésil !



En France, une conférence antisociale : « Ce n’est pas dans les salons, qu’on obtiendra satisfaction ! »

« Tout le monde s’emmerde, on trouve ça long » a déclaré Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière, à propos de la “conférence sociale” qui a réuni, la semaine dernière, gouvernement, patronat et confédérations syndicales. Mais, pas plus que les autres dirigeants syndicaux, il n’a jugé bon de claquer la porte de cette grand-messe dont il n’y avait rien de bon à attendre pour les travailleurs…

Ne voulant pas rater une occasion de pérorer dans les salons, les différents invités y sont allés de leur couplet vantant les prétendus aspects positifs du “dialogue social” et de la méthode gouvernementale !

Et à l’arrivée ? D’un côté beaucoup de vent, de l’autre la confirmation d’une nouvelle offensive programmée contre les retraites. Et pour cet été, un nouveau round de “concertation” que le premier ministre espère « dense, riche et sincère » !

Une façon de nous lanterner alors qu’est déjà prévu un nouvel allongement de la durée de cotisation requise pour une retraite à taux plein. Ce serait, selon François Hollande, la mesure « la plus juste » ! Chacun sait pourtant que la principale conséquence en serait une baisse généralisée des pensions, dont le gouvernement envisage d’ailleurs la désindexation par rapport à l’inflation, comme c’est déjà le cas des retraites complémentaires. Une mesure « juste » ? Elle consisterait à redresser, sur le dos des actuels et futurs retraités, les comptes des caisses de retraite dont le déficit est dû au chômage massif et aux bas salaires ! Et cela ne suffirait même pas à contenter le Medef, qui continue à réclamer un nouveau report de l’âge d’ouverture des droits.

Au diable donc les “tables rondes” avec le patronat et le gouvernement ! C’est dans la lutte, tous ensemble, que les travailleurs se feront respecter.

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