Nos vœux aux deux présidents du patronat français

imageNos présidents François Hollande et Pierre Gattaz, l’un de la République, l’autre du Medef, se sont donc fait leurs vœux en public. Hollande, qui s’était présenté en septembre dernier comme le « président des entreprises », répond favorablement au « pacte de confiance » de Gattaz, le patron des patrons. Il lui propose un « pacte de responsabilité » pour gagner la« bataille de l’emploi »« Je suis satisfait », répond Gattaz au journal Le Monde« je suis d’accord pour escalader l’Everest avec lui ». Touchante idylle.

Du coup, Gattaz en redemande, et réclame une baisse supplémentaire des prélèvements de 100 milliards d’euros pour les entreprises. Pour réduire la dette, il suffira de prendre sur les services publics. Ce que Hollande fait déjà.

Le Père Noël, une belle ordure

Leurs vœux en bref : un appauvrissement généralisé des 90 % de la population ! Le crédit d’impôt compétitivité emplois (CICE) pour les entreprises (10 milliards d’euros en 2014, 20 milliards en 2015, combien après ?), c’est nous qui le payons depuis le 1er janvier par une hausse de la TVA, qui va peser surtout sur les pauvres. Et Hollande a encore le cynisme de prétexter « les excès et les abus »prétendus de la protection sociale (alors qu’on sait que la moitié des ayants droit ne touchent pas ce qui leur est dû !) : « Là, confie Gattaz, j’ai applaudi, il faut y aller »

Et le petit « coup de pouce » sur le SMIC ? « Nan ! » dit Ayrault. Les 3 millions de travailleurs qui y sont réduits devront se contenter de la hausse automatique de 15 € bruts par mois.

Ce « pacte de responsabilité » dont parle Hollande, c’est le « pacte de compétitivité » que les travailleurs subissent déjà de plein fouet et qui permet aux patrons d’imposer flexibilité des horaires, baisse des salaires, mutations forcées, tout en empochant des dizaines de milliards sans la moindre obligation de créer des emplois et même d’arrêter d’en supprimer. C’est un « pacte » censé créer des emplois… avec ceux qui les détruisent.

Quant au million d’emplois promis, la bonne blague ! Comme en Allemagne ou en Espagne, les emplois (s’il y en a) seront bidon et précaires, du type de ces contrats de génération ou d’avenir : 2 salariés pour le prix d’un, aux frais du contribuable. C’est sûr, des emplois de ce genre, il en faudra beaucoup – 2 ou 3 par travailleur – pour parvenir à un revenu tout juste décent.

Nos vœux à nous, et à leur encontre, les voici

Un mot d’ordre : défendons-nous ! Si nous ne voulons pas payer encore 100 milliards d’exonérations aux patrons du Medef, il faudra arracher tout ce qu’ils nous volent par la lutte pour l’augmentation des salaires et contre les licenciements. Que pas une de leurs mesures de « compétitivité » ne soit appliquée sur nos lieux de travail. Hollande et Gattaz se sentent d’autant plus forts et arrogants que les centrales syndicales jouent le jeu de la « concertation sociale » pour négocier l’inacceptable, avec pour seule stratégie que chacun revendique chez soi, dans l’isolement… afin d’être tous vaincus.

C’est au contraire tous ensemble que nous devons nous préparer à nous battre. Et si les dividendes des actionnaires devaient en crever, eh bien soit. La société ne s’en porterait que mieux. C’est bien connu, c’est par les révolutions que la civilisation progresse…


« Ah ! Ça ira … » 2014

Les travailleurs sont pas contents, les enseignants sont pas contents.
Les lycéens sont pas contents, les paysans sont pas contents
Même les petits patrons Bretons sont tout grognons,
Mais ouf, v’la le Gattaz, il est content, l’est content !
Mais ouf et tous ensemble, Gattaz, Hollande on les aura !
Ah ! ça ira, ça ira, ça ira…

 

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