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LA NAISSANCE D’UNE PRESSE REVOLUTIONNAIRE EN TUNISIE

INTRODUCTION:Les événements en Tunisie nécessitent de porter notre attention sur l’action présente mais aussi de comprendre l’histoire du mouvement communiste, ses problèmes,ses difficultés, ses contradictions.L’article universitaire de C. LIAZU (1940-2007), militant anti-colonialiste membre du PCF expose un certain nombre d’éléments permettant de cerner la difficile implantation d’un mouvement marxiste en Tunisie.La transcription de l’arabe en français n’a pas été actualisé, certaines notes supprimées.—————————————————————————————————ÉLÉMENTS POUR UNE ÉTUDE DES MOUVEMENTS SOCIAUX ET NATIONAUXLa Tunisie de l’après-guerre voit émerger un mouvement national dont les aspirations se résument dans la formule du Destour. S’il est encore mal connu, l’action de la jeune fédération communiste est, elle, à peu près complètement méconnue.Pourtant, ses dirigeants, Robert Louzon surtout, cherchent à constituer un véritable parti tunisien, qui reprend à son compte les aspirations nationales et populaires.«Il existe ici un vaste mouvement indigène de revendications nationales. Ce mouvement embrasse toutes les classes de la population, et il est dans son ensemble extrêmement favorable au Parti communiste qu’il regarde comme le seul parti pleinement sympathique à l’émancipation politique des indigènes. Mais c’est là un mouvement national, confus par conséquent, et qui comprend, à côté d’éléments féodaux caractérisés, des éléments prolétariens également caractérisés, et surtout une grande masse paysanne composée de métayers au cinquième, véritables serfs attachésà la terre et crevant de faim. Il s’agit donc de profiter à la fois de l’état général d’excitation produit dans la population indigène par cette propagande nationale et de la sympathie dont jouit le Parti communiste pour créer, à l’intérieur du mouvement indigène, un mouvement de classe nettement ouvrier et paysan» (1)Humanité, 24 mars 1922, article de Amédée Dunois, citant un texte de LOUZON.

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