Qui sème la misère, récolte la colère (31 octobre 2005)

zyed-et-bouna

Jeudi dernier à Clichy-sous-Bois en région parisienne, trois adolescents pour fuir un contrôle d’identité ont cru pouvoir se réfugier dans un transformateur électrique. Deux d’entre eux sont morts et le troisième est hospitalisé. Cet événement a déclenché au cours du week-end des séries d’affrontements entre des jeunes et la police et la mise en état de siège de la ville, avec à la clé plusieurs dizaines d’interpellations. Le procureur de Bobigny prétend que les victimes ont cru à tort être poursuivies. Mais s’ils l’ont cru, ce n’est pas pour rien. Car le gouvernement des Sarkozy-Villepin a multiplié ces derniers temps les gestes encourageant à davantage de répression policière, multipliant les exactions contre les immigrés de toutes générations. En se plaçant sur le terrain sécuritaire de Le Pen et de l’extrême droite, il tente de diviser les travailleurs pour mieux mener son offensive contre eux. Cette politique répressive s’est illustrée avec la démagogie d’un Sarkozy qui prétend « passer les cités au karcher ».
Les violences de Clichy-sous-Bois sont l’expression parmi les jeunes des quartiers les plus pauvres, de la dégradation continue des conditions de vie, de l’aggravation de la misère et du chômage.
Elles sont la conséquence de la politique menée depuis des années par des gouvernements au service du patronat, qui n’offre comme seul avenir aux jeunes que le chômage et la précarité. L’effet de cette politique c’est le délabrement des quartiers populaires, leur transformation en de véritables ghettos de misère. C’est d’abord cela la cause des violences qui secouent régulièrement les cités.
Incendier des bureaux de poste ou les voitures n’est certes pas une solution. Car cela lèse avant tout les habitants du quartier eux-mêmes. On comprend que ceux-ci rejettent ces violences et qu’ils souhaitent donner une autre image des lieux où ils résident. Mais les marches silencieuses, les déclarations d’apaisement ne règleront rien. Et les appels au calme de la part des politiciens qui partagent la responsabilité de la situation sont révoltants d’hypocrisie. Alors oui, la colère des jeunes de Clichy est parfaitement légitime. Mais il faudra que cette colère parvienne à s’exprimer contre les vrais responsables de la situation sociale, qu’elle se mette au service du combat contre la politique des patrons et du gouvernement. Un combat qui concerne tous les travailleurs, ceux qui ont un emploi comme ceux qui l’ont perdu ou qui n’ont jamais eu la chance d’en avoir.
Car ce qui s’exprime sporadiquement par ces explosions de colère de la jeunesse des cités, c’est l’effet d’une politique du gouvernement Villepin au service du grand patronat, comme ses prédécesseurs, qui continue l’offensive contre l’ensemble du monde du travail. La semaine dernière deux nouvelles attaques sont venues s’ajouter à une liste déjà longue. Il s’agit de l’annonce du forfait de 18 € pour les actes médicaux de plus de 91 € et de celle du démarrage de la privatisation d’EDF. Par ailleurs les licenciements se multiplient comme à Peugeot Poissy pour les derniers en date, et le pouvoir d’achat baisse sous l’effet des hausses de prix comme celle du gaz après celle de l’essence.
Le ras-le-bol est réel et partagé parmi les travailleurs comme l’a montré la réussite de la journée de grève et de manifestation du 4 octobre dernier. Mais si ces journées restent sans lendemain, on l’a bien vu, elles seront insuffisantes pour faire enfin ravaler à Villepin son arrogance et remballer ses attaques.
Les élections ne sont pas plus efficaces. Les dernières nous ont montré que si elles permettaient de donner notre avis, le pouvoir et les patrons n’en tenaient aucunement compte. Le seul effet de la claque électorale infligée à Raffarin lors du référendum a été son remplacement par de Villepin qui continue, plus fort encore si c’était possible, la même politique anti-ouvrière. Alors n’attendons rien de nouvelles élections en 2007.
L’échec de la grève des marins de la SNCM montre aussi que l’on ne parviendra pas à gagner contre ce gouvernement, à faire reculer la misère, tant que les luttes resteront isolées. C’est une riposte d’ensemble, une grève générale comme en mai 68, qu’il faut dès à présent préparer.

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