Un gouvernement de combat…au service du patronat !


 

Comme le signalait le 9 octobre un délégué CGT de l’usine PSA d’Aulnay : « Si le gouvernement était vraiment du côté des travailleurs, les CRS devraient être envoyés au Medef et à la direction de Renault et Peugeot, car c’est eux les délinquants qui licencient ». Mais le nouveau président socialiste a choisi ouvertement son camp en recevant à coups de matraques et de gaz lacrymogènes les ouvriers de PSA, Renault, Doux, Sanofi, Goodyear, Ford, Fralib et bien d’autres, venus défendre leur emploi devant le salon de l’auto.

La matraque pour les ouvriers, le tapis rouge pour les patrons

La différence de traitement est remarquable lorsque le gouvernement s’adresse au patronat. Quelques pirates millionnaires du monde des start-up prennent la mouche contre un nouvel impôt ? Il leur suffit de monter un groupe facebook sous le faux nez des « pigeons » pour qu’en un rien de temps la mesure soit retirée.

La famille Peugeot annonce la suppression de 8000 emplois et la fermeture d’Aulnay ? Mais c’est le gouvernement qui commande un rapport pour justifier les licenciements et Montebourg, ministre du redressement productif, explique doctement que c’est « un mal nécessaire pour remettre le groupe sur de bons rails ».

Mittal annonce la fermeture des hauts-fourneaux de Florange alors que le groupe fait des profits record ? Mais le gouvernement accepte son chantage intolérable : soixante jours, pas un de plus, pour trouver un repreneur. Sanofi, 9 milliards de bénéfice net en 2011, annonce la suppression de 900 postes en France ? Mais Montebourg tient à préciser que le groupe a « suivi les recommandations du gouvernement ».

Comme si cela ne suffisait pas, la politique de la droite sur le « coût du travail  » est intégralement reprise : le gouvernement promet d’alléger les cotisations patronales de quarante milliards d’euros d’ici 2017. Toutes les pistes sont envisagées pour compenser le manque à gagner pour les finances publiques : la hausse de la CSG tient la corde, et elle pourrait être complétée par une hausse de la TVA. Sarkozy avait rêvé de la fameuse « TVA sociale », c’est Hollande qui veut la mettre en place !

Tourner autour de tables rondes ou se mettre au carré ?

Les démonstrations sont donc faites : le nouveau gouvernement est sans ambiguïté du côté du patronat. Et pourtant, les directions des grandes confédérations syndicales continuent de faire comme si la négociation avec les ministres socialistes pouvait améliorer le sort des travailleurs. Contrats de génération, augmentation de la flexibilité, accords « compétitivité-emploi » sont l’objet de différentes tables rondes locales ou nationales presque quotidiennes, en présence du Medef et d’où ne filtre aucune information.

Pas étonnant dans ces conditions que les initiatives de lutte soient savamment dispersées secteur par secteur : un jour l’industrie, un autre les retraités, un jour la santé, un autre les cheminots, etc. Et lorsque l’une d’entre elles sort du lot, comme la journée du 9 octobre sur l’emploi, les grands manitous des directions syndicales s’en excusent à demi-mot en prétextant qu’il s’agit d’une « aide apportée au gouvernement pour prendre les bonnes décisions » (Bernard Thibault). Ce n’est pourtant pas des compliments sur Hollande qu’on entendait dans les cortèges nombreux et déterminés de travailleurs venus dire non aux licenciements !

Non, l’heure n’est pas à négocier les reculs sociaux. Mais plutôt à rassembler nos forces pour imposer des mesures vitales pour notre classe, à commencer par l’interdiction des licenciements dans le privé, la fin des suppressions de postes dans le public et le refus de tous les chantages contre nos salaires et nos conditions de travail.

C’est pour mettre en avant ces objectifs qu’il faudra saisir toutes les occasions de protester, en œuvrant pour que les réactions isolées se transforment en une contre-offensive d’ensemble.

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